Stephan CHAVANIS: Texts

Stephan CHAVANIS: Texts - plays - "Les voisins"- 1999 - Z'editions

Stephan CHAVANIS: Texts - plays  - "Le Mirador- 1998 - editions the anabase

Stephan CHAVANIS: Texts - Account - "the level crossing" - 1999 - Harmattan editions

 
 

Extrait " Le Passage à Niveau",
(Récit, 1999, Edition HARMATTAN)

 
Stephan CHAVANIS: Texts - Account - "the level crossing" - 1999 - Harmattan editions
"... la lumière était jaune et pauvre - elle était assise dans le fauteuil en face de moi - son mari sur le canapé me faisait songer à un chien tenu en laisse - la discussion avait repris et je crois que nous parlions de la température à l'intérieur de l'appartement - il fait trop chaud - le chauffage n'est pas encore coupé - la lumière devenait étrange - était-elle en train de se transformer ou bien était-ce ma perception qui devenait différente ? - les visages se métamorphosaient sans que leur physionomie change pour autant - ce moment que nous vivions ici tous ensemble n'était pas semblable aux autres et j'étais le seul à m'en apercevoir- il me semblait que nous étions tous en train de naître là maintenant dans ce salon - une partie de moi était encore dans la conversation j'ai répondu au mari tenu en laisse n'importe quoi - je me suis levé brusquement - pressentiment de ma mort imminente - où sont les toilettes? - alors que je marchais dans le couloir j'avais l'impression d'être déjà arrivé et de me souvenir que je marchais voilà quelques secondes dans ce même couloir -j'ai fermé la porte des W-C à double tour -

tout était inquiétant jusqu'à la forme de l'interrupteur que je venais de presser et qui me semblait hostile - un instant j'ai craint qu'il ne me saute au visage et ne s'incruste dans ma chair -j'avais très froid à l'intérieur de mon ventre - je suis retombé dans le piège du miroir et je n'ai pu retrouver un peu de vie et un peu d'aplomb qu'après m'être regardé fixement pendant de longues minutes - je suis retourné parmi eux -j'ai essayé de faire comme d'habitude sans y parvenir vraiment - mes yeux étaient attirés par les taches que produisait l'ombre de l'abat-jour sur le papier peint - des représentations de choses qui n'existent pas se sont imposées à mon esprit - la maîtresse du mari-chien tenu en laisse se déplaçait autour de moi avec agitation afin de dresser la table pour le dîner -j'ai pensé à l'odeur que pouvait avoir son sexe en ce moment et un fort dégoût m'a submergé -..."