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L’interrogation
lancinante sur soi implique de faire la part du corps, de
regarder ses mains ou son visage en questionnant son identité.
Mais jamais l’homme n’échappe à
la chair, pour le meilleur ou le pire il lui doit ses mouvements,
ses paroles, ses perceptions sensorielles, ses pensées,
ou simplement la rencontre avec l’autre. Telle est la
force de ces femmes nues photographiées par Stéphane
Chavanis de percuter les standards de séduction et
d’afficher des corps à la fois lourds et tranquilles,
abandonnés, sans séduction aucune car elles
sont sans désir à ce propos. Leur visage nous
regarde, on sent l’attente sans être sûr
que quelque chose viendra la combler. Celle-ci n’est
pas le désir.
Ces femmes nues ne sont en aucun cas en position d’accueil
de l’autre, même si paradoxalement leur mouvement
suspendu et insolite s’adresse à un autre. Elles
sont en représentation, en témoignant non d’une
pause mais d’une attente interrogative. La nudité
est tolérable quand elle est neutralisée par
le code et l’enfermement dans un lieu (une revue érotique
par exemple), sinon le malaise qu’elle suscite aboutit
à mettre en évidence les valeurs sociales qu’elles
troublent, elle transforme le regardeur en voyeur. |
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Ces
images nues ne portent guère d’érotisme,
ou plutôt elle le laisse en suspens, on n’y sent
aucune invite, aucun sourire ne les rend attractives, ces
femmes sont inquiétantes, rien dans leur attitude témoigne
d’un accueil de celui qui les regarde. La sensualité
est sans doute là mais par défaut.
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