Photo La Chair - Texte David LE BRETON
           
 

CHAVANIS : Photographie La Chair, texte David Le Breton fig XXX

 

La rupture avec la beauté instituée, celle dans laquelle se reconnaît l’ensemble de la société, est réalisée déjà depuis bien longtemps dans l’art contemporain, au moins depuis les Demoiselles d’Avignon de Picasso. La prépondérance de la chair existe déjà chez Bacon ou d’autres. L’ethnologie d’ailleurs nous rappelle l’arbitraire des valeurs de laideur ou de beauté selon les sociétés humaines et le temps de leur enracinement géographique. Loin de figurer des données objectives de la laideur ou de l’indifférence les femmes présentées par Stéphane Chavanis renvoient à un échantillon d’humanité où donc le désir et son absence ont leur place, de même que la lassitude ou l’ennui. Sont-elles belles ou laides, la réponse appartient à chacun au delà de la brutalité de la question soulevée par les images. Mais la réponse est souvent le malheur de la question comme le dit si bien Maurice Blanchot. Il faut donc savoir laisser suspendue l’interrogation et qu’elle poursuive son travail de sape dans la trame de nos certitudes.

 
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