La
rupture avec la beauté instituée, celle
dans laquelle se reconnaît l’ensemble
de la société, est réalisée
déjà depuis bien longtemps dans l’art
contemporain, au moins depuis les Demoiselles d’Avignon
de Picasso. La prépondérance de la chair
existe déjà chez Bacon ou d’autres.
L’ethnologie d’ailleurs nous rappelle
l’arbitraire des valeurs de laideur ou de beauté
selon les sociétés humaines et le temps
de leur enracinement géographique. Loin de
figurer des données objectives de la laideur
ou de l’indifférence les femmes présentées
par Stéphane Chavanis renvoient à un
échantillon d’humanité où
donc le désir et son absence ont leur place,
de même que la lassitude ou l’ennui. Sont-elles
belles ou laides, la réponse appartient à
chacun au delà de la brutalité de la
question soulevée par les images. Mais la réponse
est souvent le malheur de la question comme le dit
si bien Maurice Blanchot. Il faut donc savoir laisser
suspendue l’interrogation et qu’elle poursuive
son travail de sape dans la trame de nos certitudes.