Ces
femmes ne sont corps que dans une perspective particulière
qui fait du regardeur un voyeur déçu
ou un juge. Au risque, bien entendu, s’il dit
sa gêne ou son dégoût qu’on
lui demande quelle apparence il offre au monde lui
en terme de beauté ou de laideur, surtout s’il
est nu. J’imagine que notre juge répliquera
avec le ton de l’innocence outrée que
lui même ne s’« abaissera »
jamais à poser ainsi nu. Mais ce sera alors
dans l’oubli de l’image qu’il donne
aux autres dans l’intimité amoureuse
par exemple, sur les plages ou ailleurs. La mise à
nu est toujours un équivalent symbolique de
la mise à mort, elle exige donc au moins la
reconnaissance de ce courage. Il en va de même
de l’artiste qui s’expose par l’angle
d’approche de son sujet. L’esthétique
est toujours une éthique en œuvre. Le
voyeur lui ne prend aucun risque, sinon celui du juger
l’autre sur sa seule mise. Mais il est en principe
épargné des remarques des autres à
son égard puisqu’il se tient dans l’ombre,
là où le courage n’a pas lieu
d’être. Mieux vaut donc se taire et voir
en ces femmes un miroir de ce que nous sommes.