Au
milieu des années 90, CHAVANIS a brusquement délaissé
peinture, sculpture et gravure pour ne plus s'adonner provisoirement
à l'écriture ainsi qu'à la photo.
C'est
au sortir de cette féconde période de transition
qu'il s'est mis à concevoir ces fameuses installations
funambulesques qui semblent posséder la merveilleuse
propriété de dépouiller la matière
de fardeau de son poids. Sa réalisation la plus spectaculaire
dans ce domaine reste sans doute la suspension d'une moto
V-MAX. On reste véritablement stupéfait de
constater à quel point le seul fait de se voir éviter
un tel bolide nous le rend méconnaissable. Dépossédé
de sa masse, le deux-roues se trouve du même coup
vidé de toutes les valeurs auxquels il est symboliquement
associé. Ce qui reste ainsi exposé à
nos yeux n'est qu'un objet absurde : irréel à
force de paraître ethéré.
Pour
bien comprendre le sens de ses travaux actuels, il faut
toutefois revenir sur les oeuvres de cette période
intermédiare. Car avant de commencer à explorer
les diverses possibilités offertes par la suspension.
Stéphane CHAVANIS a éprouvé le besoin
de se pencher plus attentivement sur le concept de la pesanteur.
D'où cette centaine de photos de femmes "..."
C'est ce dont témoigne les masques invariablement
atones que nous donne à voir cette bouleversante
galerie de portraits.
Frédéric
Blanc