GERARD XURIGUERA

Le statut du corps dans l’espace de la peinture, a toujours été, pour l’artiste, un des enjeux fondamentaux. Sa perception structurelle, l’évaluation psychologique de ses traits dominants, relèvent alors de l’attitude mentale de leur auteur. Chez Chavanis, la relation au corps passe par la pratique du pastel, ce genre souvent oublié, qui fixe dans ses textures coulées, l’immédiateté de la sensation. Et il passe également, ici, par le déroulement d’un graphisme ondoyant, d’ordre sculptural, mais volontairement bousculé, qui définit des anatomies frontales et dévêtues, aux configurations dilatées, où les faciès anonymes et brouillés, rendent compte d’une humanité crispée. Généralement assises, sinon debout, les femmes lourdes et plantureuses de Chavanis, couronnées par une sorte de rictus côtoyant des orbites saillantes, reposent sur l’articulation d’un trait convulsif et hachuré, nimbé d’un chromatisme tranchant, où se détache leur connivence avec l’univers expressionniste. Car, ces morphologies déstabilisées, prisonnières de secrètes frayeurs et de révoltes souterraines, ne paraissent exister que dans la tension de leurs désirs plus contrariés qu’apaisés, mais sans pathétisme inopportun. Il y a là, la volonté de dire l’homme dépouillé de ses attributs sociaux, dans sa vérité première.

GERARD XURIGUERA